Une mer partagée

Mécanismes de changement des écosystèmes en Manche occidentale

Les objectifs des recherches : suivre et analyser le fonctionnement et les modifications des écosystèmes marins en Manche occidentale

 Les laboratoires de Roscoff et Plymouth acquièrent à eux deux depuis de nombreuses décennies des données d’observation des écosystèmes marins de la Manche occidentale, qui permettent d’analyser leurs changements à long terme. Ces instituts de recherche sont aussi à la pointe dans l’utilisation de méthodes scientifiques et technologiques modernes pour comprendre les écosystèmes marins et leur capacité à s’adapter aux perturbations engendrées par les activités humaines.En pratique, les recherches menées dans le cadre du projet se déclinent autour des thématiques suivantes :

- Suivi des paramètres physico-chimiques (température, éléments nutritifs, salinité, etc.) et biologiques (phytoplancton et zooplancton)

 

Les données récoltées et étudiées conjointement par les équipes françaises et anglaises permettent de mieux comprendre l’évolution des différents paramètres sur le long terme dans le contexte du changement climatique. Les suivis sont effectués à proximité des côtes bretonnes et anglaises et au large

 

ferry box
Une ferry box a été installée sur le navire « l’Armorique » de la compagnie maritime Brittany Ferries. Cet équipement permet de relever en continu des données physico-chimiques (température, salinité, etc.) tout au long du trajet du bateau.
- Développement des collections de cultures et de ressources génétiques

La culture et la conservation de souches de microalgues ainsi que leur caractérisation génétique sont des étapes essentielles pour connaître, préserver et exploiter la biodiversité marine (applications potentielles dans les domaines des bio-carburants, de la pharmaceutique, de la cosmétique, etc.). Le projet Marinexus participe à l’enrichissement des collections existantes de microalgues et contribue à développer une méthodologie commune entre les équipes françaises et anglaises.
rcc phototheque cnrs
La collection de culture recense plus de 1900 souches à Roscoff et 500 à Plymouth © Photothèque CNRS

- Étude de l’influence des espèces introduites, du changement climatique et de l’artificialisation des milieux sur la répartition et la dynamique des espèces.

Ces recherches sont menées de concert des deux côtés de la Manche. Elles concernent des espèces marines introduites et envahissantes, très nombreuses en Manche du fait, entre autres, des activités humaines.
Ces recherches reposent sur :
- des suivis de la diversité des communautés naturelles côtières sur le long-terme,
- des inventaires et des expérimentations dans des milieux artificiels (marinas/ports)
- des analyses moléculaires permettant de décrire les populations et d’identifier les espèces

clava YF
Coque de bateau recouverte d’organismes marins © Y. Fontana / Station Biologique de Roscoff (CNRS/UPMC)

- Etude de l’adaptation des espèces locales de macroalgues et microalgues marines face aux changements de l’environnement

1- Les macroalgues sont des organismes extrêmement sensibles aux variations de l’environnement marin et, à ce titre, elles peuvent jouer le rôle de témoin de ces changements. Cependant, leur biologie et leur génétique sont encore mal connues. De ce fait il est difficile de prévoir le devenir des écosystèmes côtiers face à une perturbation. Dans le cadre de Marinexus des études sont donc menées pour comprendre, au niveau génétique, les cycles de vie des grandes algues et leurs réponses aux modifications de l’environnement.

fonds algues YF
Les macroalgues présentes sur les côte de la Manche subissent des stress importants dus à la forte amplitude des marées. © Y. Fontana / Station Biologique de Roscoff (CNRS/UPMC)

2 – Les coccolithophores sont des microalgues (phytoplancton) qui jouent un rôle essentiel dans le cycle du carbone. Ils absorbent le dioxyde de carbone (CO2), en piégant ainsi le carbone de l’atmosphère. Mais l’océan mondial absorbe actuellement une quantité de CO2 sans précédent, ce qui augmente son acidité. Ce phénomène d’acidification des océans menace probablement la survie à long terme de nombreuses espèces marines, en particulier les organismes dont la structure est composée de calcaire, comme les coccolitophores. Ce changement pourrait perturber le fonctionnement des océans dans une proportion et d’une façon qui ne sont pas encore prévisibles. Etudier la capacité d’adaptation d’espèces clés comme les coccolithophores apparaît donc essentiel.

coccolithophore
Les coccolithophores possèdent une structure constituée de plaques calcaires rigides. L’acidification de l’océan pourrait dramatiquement fragiliser cette structure, entraînant éventuellement la disparition de ces espèces marines

Haut de page